L’armée ougandaise a annoncé samedi la suspension immédiate de toute coopération de défense avec la Turquie, sur fond de pressions politiques exigeant l’extradition d’un opposant réfugié à Ankara.
Rupture brutale entre Kampala et Ankara. Par l’intermédiaire du colonel Chris Magezi, porte-parole par intérim du ministère de la Défense, les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) ont officialisé le gel de leurs relations militaires avec la Turquie jusqu’à nouvel ordre.
Un gel immédiat de la coopération de défense
Le communiqué officiel indique que la mesure restera en vigueur jusqu’à la résolution de questions litigieuses en matière de défense mutuelle, sans toutefois préciser les programmes impactés. Cette décision touche potentiellement des domaines stratégiques tels que la formation militaire, les transferts de technologies et la fourniture d’équipements de défense.
Le texte a été immédiatement relayé par le général Muhoozi Kainerugaba, chef d’état-major des armées, fils du président Yoweri Museveni et dirigeant de la Patriotic League of Uganda (PLU).
Affaire Lumbuye et tensions diplomatiques
Cette annonce intervient au lendemain d’une manifestation de milliers de partisans de la PLU devant l’ambassade de Turquie à Kampala. Menés sur instruction du général Muhoozi, les manifestants exigeaient l’extradition de Fred Kajubi Lumbuye, un blogueur et critique virulent du pouvoir ougandais résidant en Turquie et visé par une quinzaine de chefs d’accusation dans son pays.
Outre cette affaire, des frictions existaient déjà concernant l’influence croissante d’Ankara en Somalie, zone où l’armée ougandaise est engagée depuis 2007 dans le cadre des missions de l’Union africaine.
Repercussions régionales
Ce froid diplomatique intervient alors que l’Ouganda joue un rôle central dans la sécurité de la Corne de l’Afrique et des Grands Lacs. La suspension des canaux militaires avec la Turquie prive temporairement Kampala d’un partenaire clé en matière d’équipements et d’expertise, tandis qu’Ankara voit son positionnement stratégique fragilisé en Afrique de l’Est.
Dimanche matin, les autorités turques n’avaient pas encore réagi officiellement à cette décision.