Génocide des Tutsi au Rwanda de 1994 : Paris confirme 14 ans contre Muhayimana pour complicité

Paris, 28 février 2026, La cour d’assises d’appel de Paris a confirmé, ce vendredi 27 février 2026, la condamnation à 14 ans de réclusion criminelle du Franco-Rwandais Claude Muhayimana pour complicité de génocide et complicité de crimes contre l’humanité lors du génocide contre les Tutsi en 1994.

Âgé de 65 ans, Muhayimana, ancien chauffeur d’une petite maison d’hôtes à Kibuye (région de Karongi, ouest du Rwanda) avait déjà été condamné à la même peine en première instance le 16 décembre 2021. Il avait interjeté appel. Après un procès en appel ouvert le 3 février 2026 et qui a duré plusieurs semaines, avec des témoignages de rescapés et des débats intenses, la cour a délibéré plus de neuf heures avant de confirmer le verdict. Muhayimana encourait la réclusion à perpétuité. L’accusation retenue: en avril 1994, Muhayimana a volontairement transporté des gendarmes et des miliciens Interahamwe (bras armé du régime hutu extrémiste) vers plusieurs sites de massacres de Tutsi, notamment les collines de Bisesero, Gitwa et Karongi, ainsi que des églises, écoles et stades où des dizaines de milliers de Tutsi ont été exterminés. L’accusé a toujours nié toute intention criminelle, invoquant une contrainte sous menace d’armes. La cour n’a pas retenu cet argument de « contrainte irrésistible », considérant que sa participation était consciente et volontaire à la mécanique génocidaire. Cette affaire relève de la compétence universelle exercée par la France pour juger des crimes imprescriptibles commis à l’étranger. Elle a été initiée par une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) en 2013. Alain Gauthier, président du CPCR, a salué un verdict « conforme » au premier procès, tout en regrettant «le temps perdu» et «les mensonges persistants» de l’accusé.Muhayimana, qui vivait en France depuis des années et travaillait comme agent municipal à Rouen, pourrait se pourvoir en cassation, ce qui prolongerait la procédure.Plus de 30 ans après le génocide des Tutsi qui a fait plus de 1.000.000 morts entre avril et juillet 1994, la France continue d’appliquer la justice universelle contre les suspects présents sur son sol. Sources: AFP via Mediapart et Anadolu Ajansı, 27-28 février 2026.

Kivu24 continue de suivre les avancées judiciaires liées au génocide contre les Tutsi. Des développements à venir si Muhayimana fait pourvoi en cassation.

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