Hadja Lahbib rencontre Nangaa à Goma : Divergences sur la « catastrophe » humanitaire

La commissaire européenne Hadja Lahbib a achevé le 20 février 2026 sa tournée régionale par une visite à Goma, où elle a rencontré Corneille Nangaa (coordonnateur politique AFC/M23). Elle a qualifié la situation humanitaire d’« catastrophique » dans les zones concernées et plaidé pour un accès sans entrave à l’aide, obtenant des « engagements concrets » sur les couloirs humanitaires et la réouverture conditionnelle de l’aéroport de Goma. Pourtant, le cessez-le-feu unilatéral du 18 février (accepté par Kinshasa) est déjà violé : accusations croisées de frappes de drones et d’attaques terrestres persistent entre FARDC/Wazalendo et AFC/M23, malgré l’engagement angolais. Les Wazalendo – civils armés et peu formés par le gouvernement – multiplient les exactions dans les zones qu’ils contrôlent. L’armée burundaise (FDNB) reste active aux côtés des FARDC, notamment au Sud-Kivu. Des mercenaires étrangers, non conformes aux accords de l’UA, ont été signalés par le passé, bien que plusieurs aient été évacués. La réouverture de l’aéroport de Goma reste bloquée par des contraintes sécuritaires et administratives invoquées par les autorités locales de fait. Nangaa conteste le diagnostic de Lahbib, affirmant que les zones AFC/M23 sont sécurisées et accessibles aux humanitaires, contrairement aux territoires gouvernementaux. En résumé, violations réciproques, drones, milices irrégulières et présence burundaise maintiennent une impasse. Seule une vérification neutre et un dialogue inclusif pourraient stabiliser la région. Les civils des Kivus continuent d’en payer le prix.

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