Manifestation à Ottawa : Banyamulenge et Tutsi congolais rejettent la narrative de Kinshasa portée par Muyaya.

La diaspora Banyamulenge et Tutsi congolais au Canada a organisé une manifestation pacifique à Ottawa pour protester contre la visite du ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ainsi que du ministre Samuel Mbemba. L’événement s’est tenu devant l’université Saint-Paul, où les deux ministres intervenaient lors d’une conférence. Les manifestants, souvent des citoyens canadiens issus de l’exil forcé par l’insécurité persistante à l’Est de la RDC, ont dénoncé ce qu’ils qualifient de propagande du régime de Kinshasa. Ils accusent le gouvernement, dont Muyaya est le porte-parole, de persécutions systématiques, d’encerclement militaire, de bombardements et de massacres ciblés contre la communauté Banyamulenge dans les Hauts Plateaux de Minembwe (Sud-Kivu). Des pancartes réclamaient justice, protection et la fin de la discrimination ethnique. Des posts sur X (Twitter) récents indiquent que Muyaya aurait tenté de recruter ou d’influencer des participants congolais avec de l’argent pour soutenir la narrative officielle lors de ses événements à l’étranger, ce que les protestataires qualifient d’hypocrisie et de manipulation. La communauté Banyamulenge dénonce particulièrement les alliances récentes des FARDC avec les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), les Wazalendo, les forces burundaises (FDNB) et des mercenaires étrangers. Ces coalitions sont accusées d’attaques coordonnées, y compris par drones et artillerie, sur des zones civiles à Minembwe et Rubaya, causant des pertes en vies humaines, des destructions massives et un blocus humanitaire prolongé. Ces événements font écho aux tensions décrites dans l’article de Kivu24.com «Allez vous promener librement chez les FARDC… si vous osez !» L’article met en lumière les divisions au sein de la communauté: une majorité (soutenue par la diaspora et des organisations comme la Mahoro Peace Association) dénonce un ciblage ethnique par les FARDC et leurs alliés, avec bombardements, blocus et pertes civiles. Une minorité pro-Kinshasa défend la position officielle, mais reste contestée. Le défi lancé par un ministre rwandais invite ces pro-Kinshasa à circuler librement dans les zones contrôlées par les FARDC, sans réponse notable. La diaspora Banyamulenge au Canada, comme ailleurs, utilise ces occasions pour porter la voix des victimes sur la scène internationale, appelant à l’attention des Nations Unies, Human Rights Watch et des dirigeants mondiaux pour prévenir une escalade qualifiée de génocidaire. Ces protestations soulignent la persistance du conflit ethnique et sécuritaire dans l’Est de la RDC, où les Banyamulenge se sentent abandonnés par l’État et ciblés dans un contexte régional complexe impliquant le Rwanda, le Burundi et divers groupes armés. Kivu24 continue de suivre ces développements pour informer objectivement sur les réalités vécues par les populations de l’Est.

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