Minembwe sous tension: Gitambara dénonce un risque d’extermination des Banyamulenge.

Goma, le 4 Avril 2026.

Salomon Gitambara Mugirakamaro, fils patriote de Minembwe et engagé au sein de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) en coalition avec le M23 et le mouvement d’autodéfense Twirwaneho, a partagé un message fort en ce mois d’avril, traditionnellement marqué par la commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda. « Avril a été un mois sombre pour les Tutsi, mais nous remercions d’avoir su transformer l’obscurité en lumière. Le soleil se lèvera à l’est », a déclaré Salomon Gitambara Mugirakamaro.

Ce message intervient alors que la communauté Banyamulenge (Tutsi congolais des hauts plateaux du Sud-Kivu) fait face, depuis plusieurs mois, à des attaques répétées dans la zone de Minembwe et ses environs (territoire de Fizi). Bombardements de drones, tirs d’artillerie lourde, incursions de forces gouvernementales et de milices alliées: les populations civiles, majoritairement des femmes, des enfants et des vieillards, vivent dans une insécurité quasi permanente.

Du génocide de 1994 à la situation actuelle à Minembwe:

En avril 1994, le Rwanda basculait dans l’horreur. Du 7 avril au 17 juillet, en seulement 100 jours, plus d’un million de Tutsi et de Hutu modérés étaient massacrés de manière systématique par les extrémistes du Hutu Power. Cet événement, reconnu internationalement comme un génocide, reste l’un des plus rapides et des plus meurtriers du XXe siècle. Chaque année en avril, le Rwanda et la diaspora tutsi commémorent ces victimes sous le slogan « Kwibuka » (« Souviens-toi »). Trente-deux ans plus tard, Salomon Gitambara estime que l’histoire semble se répéter sous d’autres formes pour les Tutsi de la région des Grands Lacs, particulièrement pour les Banyamulenge de Minembwe. Selon des sources locales et des communiqués de l’AFC/M23-Twirwaneho, les mois récents (notamment février et mars 2026) ont été marqués par :

  • Des frappes aériennes et de drones attribuées aux FARDC et à leurs alliés (y compris des éléments burundais) sur des villages comme Kalingi, Kakenge, Bidegu, Rugezi ou encore Mikenke.
  • Des attaques contre des camps de déplacés, des églises et des zones densément peuplées par les Banyamulenge.
  • Des destructions de biens (dont des centaines de têtes de bétail) et des déplacements massifs de populations.

Gitambara et d’autres voix du mouvement dénoncent une stratégie délibérée de harcèlement et de « nettoyage » visant à chasser les Banyamulenge de leurs terres ancestrales des hauts plateaux. Ils parlent d’un risque d’« extermination » ou de « génocide imminent » si rien n’est fait pour protéger les civils. « Le soleil se lèvera à l’est » Malgré ce contexte jugé sombre, le message de Salomon Gitambara reste porteur d’espoir et de résilience :« Nous remercions d’avoir su transformer l’obscurité en lumière. Le soleil se lèvera à l’est. » Cette formule fait écho à l’esprit de résistance et de détermination qui anime le mouvement Twirwaneho (« Levons-nous ») depuis plusieurs années. Originaire de Minembwe, ingénieur de formation (notamment passé par Google), Gitambara incarne cette nouvelle génération de Banyamulenge qui allie expertise technique, communication et engagement sur le terrain pour défendre la dignité et la sécurité de leur communauté. Il rappelle régulièrement que les Banyamulenge sont « chez eux » en RDC et refusent d’être chassés, tout en appelant la communauté internationale à prendre ses responsabilités face aux souffrances des civils. Un appel à la vigilance et à la justice.

Dans ses interventions précédentes, Salomon Gitambara avait déjà dénoncé les bombardements aveugles sur Mikenke en novembre 2025 ou les attaques de février 2026, affirmant: « Quelle que soit la longueur de la nuit, le soleil finit toujours par apparaître. Nous sommes chez nous et personne ne peut nous en faire sortir. » Aujourd’hui, son message d’avril relie explicitement le devoir de mémoire du génocide rwandais à la lutte actuelle pour la survie des Banyamulenge à Minembwe.

Alors que les commémorations du génocide des Tutsi se poursuivent, la situation sécuritaire dans les hauts plateaux du Sud-Kivu reste explosive. Les populations locales espèrent que la lumière promise par des figures comme Salomon Gitambara ne tarde pas à percer l’obscurité qui pèse sur Minembwe.

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