Le 5-6 mars 2026, le gouvernement congolais a organisé une remise officielle de 14 jeunes de la communauté Banyamulenge à des notables de leur groupe, à Kinshasa. Selon le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication Patrick Muyaya, ces jeunes avaient rejoint le groupe armé Twirwaneho (allié au M23 dans les hauts plateaux de Minembwe, Sud-Kivu), avant de se rendre volontairement. Après un débriefing, aucune charge n’a été retenue contre eux, et ils ont été libérés comme un geste encourageant le retour à la légalité.

Des publications récentes sur X contestent cette version. Elles affirment que ces individus n’étaient pas des combattants repentis du Twirwaneho/M23, mais des personnes détenues depuis plusieurs mois ou années dans des prisons comme Makala et Ndolo. Selon ces sources, beaucoup auraient été recrutés de force dans des camps de réfugiés au Burundi pour combattre aux côtés des forces gouvernementales. Des observateurs locaux et des publications antérieures mentionnent des cas récurrents de détentions prolongées sans jugement clair visant des membres de cette communauté, souvent accusés de liens avec des groupes armés pro-rwandais. Inversement, les autorités congolaises présentent régulièrement des redditions de combattants comme des succès de la politique de pacification. Cet épisode illustre les fortes divergences de perception autour du conflit dans l’est de la RDC, où la communauté Banyamulenge est fréquemment au centre d’accusations croisées: soupçonnée par certains d’être instrumentalisée par le Rwanda et le M23, elle dénonce de son côté une stigmatisation ethnique et des abus (arrestations arbitraires, discours de haine en ligne). La situation reste polarisée, avec un risque accru de désinformation et de tensions communautaires dans un contexte de guerre prolongée et de déplacements massifs.