Uniformes burundais sur le dos du P5: le Col. Rugabo de Twirwaneho révèle de nouveaux détails sur les combats à Minembwe.

Minembwe, 8 avril 2026.

Le Colonel Fidel Rugabo, porte-parole et commandant au sein du mouvement Twirwaneho (MRDP-Twirwaneho), a une nouvelle fois attiré l’attention sur la présence de combattants étrangers dans les affrontements qui secouent les zones montagneuses des Hauts Plateaux de Minembwe, en territoire de Fizi (Sud-Kivu). Dans une vidéo diffusée récemment, le Col. Rugabo affirme que des éléments du groupe armé P5, une coalition d’opposition rwandaise dirigée notamment par le général en exil Kayumba Nyamwasa et Jean-Luc Habyarimana opèrent dans la région en portant les uniformes de l’armée burundaise (FDNB). Selon lui, ces combattants ont été identifiés lors de récents accrochages dans les « hautes montagnes » de la zone. « Les uniformes de l’armée du Burundi sont ceux portés par le groupe armé P5 dirigé par le Gen. Kayumba Nyamwasa et Jean-Luc Habyarimana », a déclaré le Col. Rugabo, ajoutant que ces informations ont été rendues publiques à la suite des combats opposant Twirwaneho (allié à l’AFC/M23) aux forces de la coalition gouvernementale.

Contexte des opérations dans les Hauts Plateaux.

Depuis plusieurs mois, la région de Minembwe est le théâtre d’affrontements intenses entre, d’une part, les forces de Twirwaneho/M23 et, d’autre part, une coalition composée de l’armée congolaise (FARDC), des milices Wazalendo, d’éléments FDLR et de contingents de l’armée burundaise (FDNB). Des sources locales et des rapports de monitoring sécuritaire indiquent que le Burundi a déployé plusieurs milliers de soldats en RDC pour appuyer Kinshasa contre les groupes armés actifs dans le Sud-Kivu. Ces troupes burundaises opèrent parfois en uniforme FARDC ou en civil pour des raisons opérationnelles, selon différentes accusations croisées. Le Col. Rugabo accuse régulièrement cette coalition d’attaquer les positions de Twirwaneho et de cibler les populations civiles Banyamulenge, notamment par des bombardements de drones et d’artillerie lourde. De leur côté, les autorités burundaises et congolaises démentent toute visée ethnique et affirment lutter contre des groupes rebelles menaçant la stabilité régionale, dont certains liés à l’opposition burundaise (comme le RED-Tabara) ou rwandaise. Le groupe P5 et les accusations croiséesLe P5 (Platforme des Cinq) est une coalition politique et militaire d’opposants au gouvernement rwandais, formée autour du Rwanda National Congress (RNC) de Kayumba Nyamwasa. Des rapports anciens du Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC avaient déjà évoqué des liens logistiques possibles entre ce groupe et le Burundi, notamment en matière d’armement et de recrutement, accusations que Bujumbura a toujours fermement démenties. Aujourd’hui, le Col. Rugabo relance le débat en affirmant que des combattants du P5 utilisent des uniformes burundais sur le terrain à Minembwe. Ces déclarations s’inscrivent dans une guerre de l’information intense: chaque camp accuse l’autre de recourir à des forces étrangères ou à des milices pour masquer ses opérations.Twirwaneho, mouvement d’autodéfense principalement composé de Banyamulenge, se présente comme une force de protection de sa communauté face aux attaques répétées. Allié à l’AFC/M23, il contrôle ou conteste plusieurs positions stratégiques dans les Hauts Plateaux. Une région sous haute tension.

Les affrontements autour de Minembwe ont causé des déplacements de populations, des pertes en bétail et des destructions de villages. Les habitants des zones concernées vivent dans une insécurité permanente, pris entre les feux croisés des différentes forces en présence. Le Col. Rugabo a déjà lancé plusieurs messages directs aux troupes burundaises, leur demandant de se retirer du territoire congolais et avertissant que Twirwaneho et M23 sont prêts à les « reconduire jusqu’à la frontière » si nécessaire.

La situation reste très fluide. Les observateurs locaux et internationaux suivent de près l’évolution des combats, alors que des pourparlers de paix régionaux tentent (avec difficulté) de ramener le calme dans l’est de la RDC.

Kivu24.com continuera de suivre cette affaire et publiera toute information vérifiée supplémentaire.

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