Frappe meurtrière à Goma: silence assourdissant sur l’identité et l’auteur, le M23 dénonce une opération pour « décapiter » son commandement

Goma, 11 mars 2026: Une frappe de drone survenue tôt ce matin dans le quartier résidentiel de Himbi, au cœur de Goma, a coûté la vie à au moins trois personnes, dont Karine Buisset, une ressortissante française employée par l’UNICEF. L’incident, survenu dans une zone contrôlée par le mouvement AFC/M23, suscite indignation internationale et accusations croisées. Plusieurs comptes officiels notamment ceux de l’UNICEF, de l’ONU, du gouvernement français et du président Emmanuel Macron ont rapidement confirmé le décès d’une « humanitaire française » ou d’une « employée de l’UNICEF », sans toutefois mentionner explicitement son nom ni préciser l’origine de l’attaque. Le chef de l’État français a réagi sur X en exprimant « l’émotion de la Nation » et en appelant au respect strict du droit international humanitaire et à la protection des travailleurs humanitaires. L’UNICEF a qualifié l’événement de « dévastateur et révoltant », soulignant que les civils et les humanitaires ne doivent jamais être pris pour cible.

Cette retenue dans la communication officielle contraste avec la version détaillée livrée par Corneille Nangaa, coordinateur politique de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23). Lors d’une conférence de presse tenue dans la journée, Nangaa a affirmé que les frappes n’étaient pas une opération militaire classique, mais une tentative délibérée d’éliminer les têtes dirigeantes de la rébellion. Selon lui, les drones visaient directement sa résidence ainsi que celle du général Sultani Makenga, pilier militaire du mouvement. Il a présenté l’attaque comme une violation flagrante des cessez-le-feu issus des processus de Doha et de Luanda, accusant Kinshasa d’avoir cherché à « décapiter » politiquement et militairement l’AFC/M23.« Il ne s’agit pas d’une offensive ordinaire, a déclaré Nangaa. C’est une opération ciblée contre le commandement politique et militaire de notre mouvement. Malheureusement, des civils innocents, dont cette humanitaire française, ont payé le prix de cette escalade. »Les sources locales et les premiers bilans font état de trois morts: Karine Buisset, qui se trouvait dans un appartement loué par une responsable sécurité de l’UNICEF (absente au moment des faits), et deux civils congolais. Une seconde munition aurait manqué sa cible et serait tombée dans le lac Kivu. L’incident intervient dans un contexte de forte tension, alors que Goma reste sous contrôle de l’AFC/M23 depuis sa prise fin 2025, et que l’usage de drones s’intensifie. L’ONU a appelé à une enquête rapide et indépendante, avertissant que des attaques contre du personnel humanitaire pourraient constituer des crimes de guerre. La France, par la voix de son président, a insisté sur la nécessité de protéger les acteurs humanitaires « partout et en tout temps ». Cet événement illustre les divisions profondes autour du conflit dans l’est de la RDC: d’un côté, les autorités congolaises et leurs alliés sont accusés par le M23 d’agresser délibérément la population sous contrôle rebelle; de l’autre, les frappes sont perçues par certains comme une réponse à l’occupation persistante. Au milieu, des vies civiles et humanitaires continuent d’être fauchées.

Kivu24 suit l’évolution de la situation et les résultats des enquêtes en cours.

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