Kigali, 26 mars 2026.
Dans une intervention claire et ferme devant le Conseil de sécurité des Nations Unies ce jeudi 26 mars 2026, l’Ambassadeur Martin Ngoga, Représentant permanent du Rwanda auprès de l’ONU, a réaffirmé la position de Kigali sur les racines du conflit qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon lui, ce conflit n’est pas de la fabrication du Rwanda, mais découle directement de la menace persistante des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de l’idéologie génocidaire qu’elles propagent. « Le conflit dans l’Est de la RDC n’est pas de la fabrication du Rwanda. La préoccupation du Rwanda a toujours été les FDLR et l’idéologie génocidaire qu’elles portent, une idéologie qui se propage désormais dans le discours public. Les FDLR ne sont pas un groupe armé ordinaire, c’est une force génocidaire fondée par les vestiges de ceux qui ont perpétré le Génocide contre les Tutsi en 1994 au Rwanda, et leur idéologie génocidaire n’a jamais changé », a déclaré l’Ambassadeur Ngoga. Il a ajouté: « Pour le Rwanda, cela reste une menace permanente. »Une menace historique et actuelle créées par les auteurs du Génocide de 1994 qui ont fui au Congo (alors Zaïre), les FDLR sont classées comme groupe terroriste par les Nations Unies. Composées de combattants hutu extrémistes, elles continuent de mener des attaques transfrontalières, des massacres et des exactions contre les populations civiles, notamment les communautés tutsi et banyamulenge dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.Le Rwanda, qui a perdu plus d’un million des siens lors du Génocide des Tutsi en 1994, considère que l’idéologie du Hutu Power incarnée par les FDLR représente un danger existentiel. Malgré plusieurs opérations conjointes et accords de paix (notamment le processus de Luanda et l’Accord de Washington), Kinshasa n’a toujours pas neutralisé ce groupe, qui bénéficie même, selon plusieurs rapports, de soutiens au sein de l’armée congolaise (FARDC). Le Rwanda défend sa sécurité, pas l’agression. L’Ambassadeur Ngoga a tenu à déconstruire les accusations récurrentes portées contre Kigali par le gouvernement congolais, qui accuse régulièrement le Rwanda de soutenir le mouvement M23. « Le Rwanda n’est pas à l’origine de ce conflit. Sa seule préoccupation est la sécurité de ses frontières et la protection de sa population contre une idéologie qui a déjà causé l’un des pires génocides du XXe siècle », a-t-il insisté. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions accrues, alors que les négociations régionales piétinent et que les violences se multiplient dans le Grand Kivu, causant des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Un appel à la communauté internationale.
Le Représentant permanent rwandais a une nouvelle fois appelé la communauté internationale à traiter le problème des FDLR avec la gravité qu’il mérite, et non comme une simple question secondaire dans le dossier congolais. « Ignorer cette menace, c’est prendre le risque de voir l’histoire se répéter », a-t-il averti implicitement. Pour le Rwanda, la paix durable dans l’Est de la RDC passe nécessairement par le démantèlement total des FDLR et l’éradication de l’idéologie génocidaire qui continue d’empoisonner la région des Grands Lacs.
Kivu24.com suivra de près l’évolution de cette situation et les réactions des différentes parties impliquées. La sécurité et la stabilité du Kivu restent une priorité régionale qui concerne tous les pays des Grands Lacs.
Source: Intervention de l’Ambassadeur Martin Ngoga au Conseil de sécurité de l’ONU, 26 mars 2026.