Genève, 16-17 Spt: Kinshasa et Kigali sont de nouveau autour de la table sur l’accord de Washington. Dans l’Est, les armes n’ont pas cessé. Le M23 tient toujours Goma et de larges pans des Kivu. Ce qui est en jeu et ce qui manque.
Des officiels de la République démocratique du Congo et du Rwanda se retrouvent à Genève les 16 et 17 septembre pour une nouvelle session du Mécanisme conjoint de coordination sécuritaire chargé de mettre en œuvre les accords de Washington de 2025.Les deux jours de discussions réunissent les deux gouvernements et des médiateurs des États-Unis, du Qatar, du Togo et de la Commission de l’Union africaine. Le dossier est connu : la neutralisation des FDLR sur le sol congolais, et l’engagement du Rwanda de lever ce qu’il appelle des mesures défensives. Ces deux obligations n’ont pas été déclarées accomplies. Les parties ont aussi évoqué le suivi sur le terrain et une possible conférence de planification trilatérale en octobre.Dans l’est du Congo, le tableau est autre. Le M23 contrôle toujours de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont Goma, prise en janvier 2025, et une partie du Sud-Kivu après la chute de Bukavu. Le mouvement n’est pas signataire de l’accord de Washington, mais il est au centre de la guerre que cet accord est censé contenir. Kinshasa mène en parallèle un dialogue avec l’alliance politique qui soutient le M23, dans le cadre d’une piste qatarienne qui a produit le cadre de Doha fin 2025.Les accrochages entre les FARDC et les groupes wazalendo d’un côté, le M23 et ses alliés de l’autre, se poursuivent au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri. Les ADF restent une menace pour les civils à Beni et en Ituri. Les rapports de l’ONU et des sources locales documentent encore des tueries, des déplacements et une administration parallèle dans les zones tenues par les rebelles, y compris la taxation du commerce et des minerais.C’est cet écart la diplomatie à Genève, la guerre dans les Kivu — qui servira de juge à Goma, Bukavu et Rutshuru. Un communiqué d’une réunion de suivi antérieure à Washington indiquait que les deux parties avaient paraphé un cadre d’intégration économique régionale. Le langage économique ne réglera pas les questions de sécurité si la neutralisation des FDLR, le dispositif militaire rwandais et le contrôle territorial du M23 restent en suspens.Pour l’heure, Genève est un nouveau test : le processus de Washington peut-il rattraper la carte du terrain ?
Kivu24: 17 septembre 2026