Kenya : les commerçants étrangers ont 90 jours pour régulariser leurs documents

Après la polémique déclenchée par une directive visant le petit commerce, Nairobi accorde 90 jours aux étrangers pour régulariser leur statut. Les autorités affirment qu’il ne s’agit pas d’une expulsion générale.

Le Kenya a accordé un délai de 90 jours aux ressortissants étrangers qui exercent une activité commerciale pour régulariser leurs documents d’immigration, leurs permis de travail, l’enregistrement de leur entreprise et leurs licences. Cette décision fait suite aux déclarations du président William Ruto, le 2 septembre, sur les activités de petit commerce et de vente ambulante exercées par des étrangers. L’annonce initiale avait suscité une vive inquiétude chez plusieurs communautés étrangères, notamment des Burundais établis à Nairobi.

Une clarification après la polémique

Le porte-parole du gouvernement kényan, Charles Owino, a précisé que la mesure vise à encadrer le commerce informel et les activités exercées sans les autorisations requises. Elle ne constitue pas une interdiction générale visant les étrangers qui vivent ou travaillent légalement au Kenya. Les autorités ont indiqué que les personnes déjà en règle peuvent poursuivre leurs activités. Les services de l’État doivent mener l’opération de régularisation avec les ambassades et les partenaires régionaux.

Les Burundais au cœur des inquiétudes

Après l’annonce présidentielle, des centaines de Burundais se sont rendus à leur ambassade à Nairobi pour demander des documents de voyage ou obtenir des informations sur leur situation. Des cas de menaces et de harcèlement ont également été rapportés. Le secrétaire principal kényan aux Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, s’est rendu à l’ambassade du Burundi. Il a déclaré que la démarche de régularisation devait aussi permettre d’assurer la sécurité des ressortissants étrangers.

Appel contre le harcèlement

Le gouvernement kényan demande aux services de sécurité, aux autorités locales et aux acteurs économiques de prévenir toute discrimination, intimidation ou violence. La règle annoncée porte sur la conformité aux documents requis, et non sur la nationalité des personnes concernées. La période de 90 jours doit permettre d’éviter une application brutale de la mesure. Une fois ce délai écoulé, Nairobi prévoit de renforcer le contrôle du respect des règles d’immigration, d’emploi et de commerce. Sources : Kenya News Agency, septembre 2026 ; Associated Press, 8 septembre 2026.

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