ONU : le Rwanda demande la vérification des accords sur l’Est de la RDC

Au Conseil de sécurité de l’ONU, le Rwanda a appelé à une mise en œuvre vérifiable des accords de Washington et de Doha, tout en demandant des mesures contre les FDLR.

La rédaction de Kivu24

Kigali insiste sur la mise en œuvre des accords

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo, mardi 29 septembre, le représentant permanent du Rwanda à l’ONU, Martin K. Ngoga, a insisté sur la nécessité d’appliquer pleinement les engagements pris dans les processus de paix de Washington et de Doha.

Martin Ngoga a salué la dynamique diplomatique engagée avec l’implication des États-Unis, du Qatar et de l’Union africaine. Il a toutefois estimé que la signature des accords ne suffisait pas et que leur mise en œuvre devait pouvoir être vérifiée.

Selon le diplomate rwandais, les engagements des différentes parties doivent être évalués selon les mêmes critères et faire l’objet d’un suivi permettant de mesurer les progrès réalisés.

Une proposition de mécanisme tripartite

Le Rwanda a indiqué avoir proposé un mécanisme de vérification tripartite associant le Rwanda, la RDC et les États-Unis, ces derniers intervenant comme médiateur.

Martin Ngoga a expliqué que Kigali avait également pris des mesures visant à lever certaines de ses « mesures défensives » et que ces démarches avaient été communiquées dans le cadre des mécanismes prévus par les accords de Washington.

La question de la vérification fait partie des discussions engagées dans le cadre du mécanisme conjoint de coordination sécuritaire entre Kigali et Kinshasa. En juillet, les deux pays avaient déjà convenu d’examiner des mécanismes destinés à renforcer la transparence et le suivi de la mise en œuvre des accords de Washington.

Les FDLR au centre des préoccupations du Rwanda

Dans son intervention, le représentant rwandais a également insisté sur la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Selon Kigali, la neutralisation de ce groupe armé et la fin de toute coopération avec celui-ci constituent des engagements centraux du volet sécuritaire des accords de Washington.

Martin Ngoga a affirmé que les mécanismes conjoints avaient déjà permis d’identifier et de cartographier des positions des FDLR dans l’Est de la RDC. Il a également soutenu que des informations faisant état d’une coopération entre les FARDC et des groupes armés avaient été communiquées aux mécanismes de suivi pour vérification. Ces affirmations constituent la position du Rwanda et n’ont pas été présentées comme des constatations indépendantes dans l’intervention.

Le diplomate rwandais a par ailleurs rejeté l’idée que des arrangements séparés entre Kinshasa et les FDLR puissent se substituer aux engagements pris dans le cadre du processus de Washington.

Kinshasa défend ses propres engagements

Lors de la même réunion, le représentant de la RDC a réaffirmé l’engagement de Kinshasa envers les processus de Washington et de Doha ainsi que les mécanismes de vérification du cessez-le-feu.

La RDC a notamment indiqué qu’elle préparait une opération de neutralisation des FDLR dans le cadre de ses engagements du processus de Washington. Elle a également demandé que les informations concernant les violations du cessez-le-feu soient vérifiées par les mécanismes compétents, notamment le mécanisme élargi conjoint de vérification.

Kinshasa a toutefois contesté la possibilité d’évaluer objectivement le nombre et la localisation des forces ou mesures défensives rwandaises, estimant que ces éléments n’étaient pas suffisamment précis.

Washington et Doha au cœur des efforts diplomatiques

Les processus de Washington et de Doha constituent actuellement deux cadres majeurs des efforts diplomatiques visant à réduire les tensions et à parvenir à un règlement du conflit dans l’Est de la RDC.

Le chef de la MONUSCO, James Swan, a indiqué devant le Conseil de sécurité que les efforts diplomatiques se poursuivaient dans ces différents cadres. Il a également fait état de missions du mécanisme élargi conjoint de vérification à Minembwe, au Sud-Kivu, et à Masisi, au Nord-Kivu.

Pour Kigali, la priorité reste désormais la mise en œuvre concrète et vérifiable des engagements pris par les différentes parties.

Sources : Conseil de sécurité des Nations unies

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