Ebola en RDC : MSF prévient que l’épidémie se déplace, elle ne recule pas

Médecins Sans Frontières juge dangereux de croire l’Ebola maîtrisé. Moins de patients dans les foyers d’origine n’empêchent ni la hausse au Nord-Kivu ni l’arrivée dans une septième province.

Goma / Bunia, 21 septembre 2026 — Médecins Sans Frontières met en garde contre toute lecture trop optimiste de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Certains centres de traitement admettent moins de patients dans l’épicentre initial, mais, à l’échelle nationale, la courbe ne baisse pas. L’épidémie change de terrain.Anthony Kergosien, coordinateur d’urgence de MSF à Bunia, indique que la transmission a ralenti pour l’instant dans certaines zones de l’Ituri, où l’épidémie a d’abord pris. Ailleurs, le tableau est différent. Le Nord-Kivu concentre désormais près de la moitié des nouveaux cas confirmés, avec une positivité des tests en hausse. Le Sud-Ubangi est devenu la septième province touchée. Selon MSF, des chaînes de transmission non détectées s’installent déjà dans des hubs opérationnels qui n’étaient pas préparés à une nouvelle vague.L’épidémie, déclarée en mai, est la plus importante jamais enregistrée en RDC. Les chiffres officiels cités à la mi-septembre font état de plus de 7 200 cas confirmés et de plus de 3 500 morts. Les autorités sanitaires parlent de « signes encourageants » depuis un pic à la mi-août, avec des cas quotidiens passés, selon certains bilans, d’environ 120 à près de 80. L’OMS et Africa CDC restent plus prudents : les cas hebdomadaires ont de nouveau grimpé au Nord-Kivu, et il est trop tôt pour parler de pic.Le virus en cause est la souche Bundibugyo. Le vaccin Ervebo, homologué contre le virus Ebola Zaïre, n’a pas d’efficacité établie contre Bundibugyo, ce qui complique la campagne. La vaccination des agents de santé a commencé dans les zones touchées, dont l’Ituri, mais MSF souligne que les mesures élémentaires de prévention des infections manquent encore dans plusieurs foyers d’origine, alors que la maladie entre dans des systèmes de santé plus faibles.Le conflit dans l’Est reste l’autre obstacle. Le Nord-Kivu est à la fois un front épidémique et un front de guerre. Le déploiement des équipes, les enterrements sécurisés et le suivi des contacts se heurtent à l’insécurité, aux déplacements et à une présence étatique limitée. Le Sud-Kivu n’a pas signalé de nouveaux cas depuis mai : la carte est inégale, et une province calme peut se rallumer si la surveillance lâche.Pour Goma, Beni, Butembo ou Bunia, le message de MSF est simple : des lits vides dans un centre ne signifient pas la fin de l’épidémie. Elle ne se contracte pas sur place. Elle se déplace.

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