Controverse au sein de la communauté Banyamulenge après une réception à la présidence burundaise.

Gitega,17 mars 2026: Une vive polémique secoue la communauté Banyamulenge à la suite de la réception, ce mardi 17 mars 2026, d’une délégation se présentant comme représentative de cette communauté par le président burundais Évariste Ndayishimiye, à Ntare Rushatsi House. D’après un communiqué officiel de la présidence burundaise et plusieurs sources congolaises alignées sur le gouvernement de Kinshasa, la délégation liée à l’organisation Banyamulenge Global Advocacy (BGA) a exprimé sa gratitude envers le Burundi. Les participants ont salué le soutien des forces burundaises aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans l’est du pays, les efforts pour la protection des civils sans distinction ethnique, ainsi que l’accueil de réfugiés congolais, y compris des Banyamulenge. Ils ont également félicité le rôle régional du président Ndayishimiye. Parmi les noms cités figurent Ganza Daniel, Manyota Jean Bosco, Gakunzi Fred, Byabagabo Charles, Rutikanga Merewe Neza et Ntagora Marcel.

Cette rencontre a été présentée par certains observateurs et médias pro-gouvernementaux comme une réponse à la propagande extérieure et une démonstration de cohésion entre la communauté Banyamulenge, la RDC et le Burundi. Cependant, plusieurs voix au sein de la diaspora et des communautés sur le terrain ont dénoncé l’initiative avec virulence. Des représentants communautaires qualifient les participants de « traîtres » et affirment qu’ils ne représentent pas légitimement la communauté. Selon ces sources, ces individus, souvent installés à l’étranger (États-Unis, Canada…), ne maîtrisent pas les réalités historiques et sécuritaires vécues par les Banyamulenge dans les hauts plateaux du Sud-Kivu (Minembwe, Itombwe…). Ils les accusent d’avoir été manipulés, notamment à des fins financières, par les autorités burundaises. Ces critiques évoquent le massacre de Gatumba du 13 août 2004, au cours duquel des milliers de civils Banyamulenge réfugiés au Burundi avaient été tués par des forces burundaises, illustrant selon eux une implication historique problématique du Burundi dans les crises de l’est de la RDC. M. Salomon Gitambara, ingénieur et figure engagée au sein de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) alliée au M23, a réagi à l’événement dans un message adressé à des interlocuteurs. Il dénonce une tentative de division interne de la communauté Banyamulenge au moment où celle-ci subit, selon lui, des violences récurrentes. Il évoque notamment les bombardements par drones attribués aux FARDC et à leurs alliés (éléments burundais, FDLR, groupes Wazalendo) visant des zones civiles à Minembwe (comme Mikenke et Bidegu dans la nuit du 16 au 17 mars). M. Gitambara appelle à la vigilance face aux manipulations qui, d’après lui, visent à isoler les Banyamulenge des acteurs défendant leurs intérêts sur le terrain, tout en rappelant l’héritage de figures comme le colonel Makanika (décédé en février 2025) dans la résistance aux persécutions. Cette controverse met en lumière les profondes divisions au sein de la communauté Banyamulenge: d’un côté, une partie qui privilégie le dialogue avec Kinshasa et ses alliés régionaux pour contrer les influences extérieures; de l’autre, des voix souvent issues des mouvements d’autodéfense comme Twirwaneho ou de l’AFC qui dénoncent un « nettoyage ethnique » orchestré et rejettent toute compromission avec les forces accusées d’agressions.

La situation demeure tendue dans les hauts plateaux, où les affrontements et les frappes aériennes se poursuivent, renforçant les appels à une protection effective des civils et à un règlement politique inclusif de la crise dans l’est de la RDC.

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