Le président burundais Évariste Ndayishimiye a évoqué le Rwanda, la RDC et le désengagement des forces étrangères lors d’un entretien avec France 24 à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.
Des tensions toujours présentes avec le Rwanda
Le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, a accordé un entretien à France 24 le 23 septembre 2026, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York.
Au cours de l’entretien, il a déclaré que la menace d’une éventuelle attaque rwandaise contre le Burundi « existe encore ». Il a également affirmé que les autorités rwandaises n’étaient pas, selon lui, « honnêtes » concernant les raisons de leur présence dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Ndayishimiye a notamment évoqué ce qu’il présente comme un « autre agenda caché » derrière les arguments sécuritaires avancés par Kigali. Ces affirmations constituent la position du président burundais et n’établissent pas, à elles seules, l’existence d’un tel agenda.
Le désengagement des forces en RDC
Une partie importante de l’entretien a porté sur la situation dans l’Est de la RDC et sur les accords conclus pour mettre fin aux hostilités.
Plus de six mois après la signature des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali, Ndayishimiye a déclaré ne pas voir de « signe manifeste de désengagement » des forces rwandaises.
« Si réellement on voulait la paix au Congo, le Rwanda devrait se montrer positif par rapport au désengagement », a-t-il déclaré.
Le président burundais considère également que la séparation des forces présentes sur le terrain constitue une étape nécessaire avant la consolidation d’un cessez-le-feu.
Il a toutefois confirmé le maintien de soldats burundais en RDC, où Bujumbura affirme qu’ils sont déployés à la demande du gouvernement congolais.
Les FDLR au centre des divergences
L’entretien a également abordé la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé d’origine rwandaise présent dans l’Est de la RDC.
Kigali présente depuis plusieurs années la présence des FDLR comme l’une de ses préoccupations sécuritaires majeures. Ndayishimiye conteste toutefois certaines explications avancées par le Rwanda concernant son intervention dans l’Est de la RDC et estime que les FDLR ne constituent pas l’unique raison de la présence rwandaise.
Ces positions s’inscrivent dans des récits différents sur les causes du conflit et sur le rôle des forces étrangères et des groupes armés dans l’Est congolais.
Le rôle de l’Union africaine
Ndayishimiye exerce actuellement la présidence tournante de l’Union africaine. Dans son entretien, il a appelé à la poursuite du dialogue et a également évoqué les efforts de médiation du Qatar et des États-Unis.
Son intervention intervient alors que plusieurs processus diplomatiques cherchent à obtenir un cessez-le-feu durable et un désengagement des forces présentes dans l’Est de la RDC.
La question du rôle de Bujumbura reste toutefois liée à sa propre présence militaire en RDC. Le gouvernement burundais affirme que ses forces y sont déployées à la demande de Kinshasa, tandis que Kigali et d’autres acteurs régionaux contestent certains aspects de cette présence.
Une région toujours sous tension
Les déclarations de Ndayishimiye interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre le Burundi, le Rwanda et la RDC.
À New York, les autorités congolaises ont continué d’accuser le Rwanda de soutenir l’AFC/M23, tandis que Kigali rejette ces accusations et met notamment en avant la menace représentée par les FDLR.
L’entretien de France 24 illustre ainsi les divergences persistantes entre les principaux acteurs régionaux sur les responsabilités, les forces présentes sur le terrain et les conditions nécessaires à un règlement durable du conflit.
Sources : France 24
