
La Constitution de 2006 est claire : article 70 → mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable une seule fois. Félix Tshisekedi, réélu en décembre 2023 (scrutin très contesté), achèverait donc son second mandat en janvier 2029 après les élections prévues en 2028.
Pourtant, depuis fin 2024, le chef de l’État qualifie régulièrement la loi fondamentale de « dépassée », « rédigée par des étrangers » et « inadaptée aux réalités du pays ». Il a annoncé la création d’une commission (prévue pour 2025) pour réfléchir à une réforme ou même à une nouvelle Constitution. Plusieurs cadres de l’UDPS et de la majorité soutiennent ouvertement l’idée d’adapter le texte, ce qui alimente les soupçons d’une volonté de contourner la limite des deux mandats pour briguer un troisième en 2028. L’article 220 protège explicitement le « nombre et la durée des mandats » contre toute révision, mais l’histoire récente (2016-2018) a montré que des interprétations politiques ou des pressions peuvent fragiliser ces garde-fous. L’opposition, la société civile, la CENCO et de nombreuses organisations de droits humains dénoncent un risque de « coup d’État constitutionnel » ou de glissement. Dans ce contexte, la mise en garde ferme de l’Union africaine constitue un signal fort : toute tentative de modification visant à prolonger le pouvoir actuel exposerait la RDC à un isolement continental, des sanctions ou une suspension, comme cela a été le cas pour d’autres pays.