Éthiopie : nouvelles tensions au Tigré et perturbations des communications

Des combats opposant les forces fédérales éthiopiennes et les forces tigréennes ont repris dans le nord du pays. Les réseaux téléphoniques et Internet sont perturbés au Tigré, compliquant le suivi de la situation.

La rédaction de Kivu24

De nouveaux affrontements dans le nord

La région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, connaît une nouvelle escalade des violences après plusieurs jours d’affrontements entre les forces fédérales et les forces liées au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Les combats, qui ont commencé cette semaine, constituent l’une des plus importantes escalades depuis la guerre qui avait opposé le TPLF au gouvernement fédéral entre 2020 et 2022. Des affrontements ont également été signalés dans les régions voisines de l’Afar et de l’Amhara.

Selon Reuters, les forces tigréennes ont lancé des attaques dans plusieurs zones et pris le contrôle de trois aéroports locaux. Le gouvernement éthiopien affirme de son côté avoir repoussé ces attaques et avoir tué, blessé ou capturé plus de 500 combattants. Ce bilan n’a pas pu être vérifié indépendamment.

Les autorités tigréennes présentent pour leur part leurs opérations comme une action défensive, accusant le gouvernement fédéral d’avoir lancé des attaques contre leurs forces. Les deux camps se rejettent ainsi la responsabilité de la nouvelle escalade.

Les communications perturbées

La situation est également marquée par une importante perturbation des communications dans le Tigré.

L’organisation NetBlocks, spécialisée dans la surveillance des réseaux Internet, a confirmé vendredi une interruption de la connectivité Internet dans le nord de l’Éthiopie. Des journalistes de Reuters ont également constaté que les appels et messages vers des numéros du réseau Ethio telecom ne passaient pas, tandis que la connexion aux clients de Safaricom était limitée.

Quatre sources au fait de la situation, dont une source diplomatique, ont indiqué à Reuters que le TPLF aurait demandé aux opérateurs Safaricom et Ethio telecom de couper les réseaux téléphoniques et Internet dans la région. Une source proche du mouvement a toutefois démenti cette accusation et affirmé que le gouvernement était responsable de la coupure.

Les opérateurs et le bureau du Premier ministre Abiy Ahmed n’avaient pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires de Reuters.

Cette coupure complique la vérification indépendante des informations provenant du Tigré, alors que les combats se poursuivent dans plusieurs zones.

Des habitants se préparent à une nouvelle crise

À Mekele, capitale du Tigré, des habitants ont commencé à faire des réserves de nourriture et à retirer de l’argent, par crainte d’un retour à une guerre de grande ampleur. Des perturbations des déplacements ont également été signalées dans le nord du pays.

Les vols vers Lalibela, ville historique de la région voisine de l’Amhara, ont notamment été suspendus jeudi en raison des combats signalés à proximité.

Cette nouvelle escalade ravive les souvenirs du conflit de 2020-2022, qui avait provoqué une grave crise humanitaire et de longues coupures des communications dans le Tigré.

L’ONU et l’Union européenne appellent à la retenue

Face à la reprise des violences, les Nations unies et l’Union européenne ont appelé les parties à faire preuve de retenue et à revenir au processus de paix soutenu par l’Union africaine.

La situation intervient alors que les tensions politiques et sécuritaires se sont également accrues en Éthiopie. Le TPLF fait partie d’une alliance de sept groupes armés éthiopiens annoncée cette semaine et visant à contester le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.

La reprise des combats au Tigré intervient donc dans un contexte régional plus large marqué par des tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée, ainsi que par les conflits persistants dans certaines régions du pays.

Sources : Reuters, Associated Press, NetBlocks. Les informations sur les opérations militaires et les responsabilités dans les coupures de communications restent en partie contestées et n’ont pas toutes pu être vérifiées indépendamment.

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