
Riyad / Arar, 23 février 2026, Une équipe du National Center for Wildlife saoudien a fait une trouvaille exceptionnelle: sept guépards momifiés naturellement dans des grottes isolées près de la ville d’Arar, au nord de l’Arabie Saoudite. Découverts entre 2022 et 2023 lors d’une exploration de 134 cavités karstiques, ces spécimens, préservés par l’air sec, frais et sombre des grottes, datent de 130 à plus de 4000 ans (datation au carbone 14). Au total, 61 restes de guépards (dont 54 squelettes) ont été exhumés, accompagnés de traces de leurs proies potentielles. Première mondiale pour la momification naturelle chez les grands félins, cette découverte va plus loin grâce à l’analyse ADN extraite de trois momies. Contrairement à l’idée d’une seule sous-espèce (l’Asiatique Acinonyx jubatus venaticus, aujourd’hui critique en Iran), les plus anciens échantillons se rapprochent de la sous-espèce nord-ouest africaine (Acinonyx jubatus hecki), prouvant que deux lignées distinctes coexistaient jadis sur la péninsule arabique. Les guépards ont disparu localement en Arabie Saoudite dans les années 1970, victimes de la chasse et de la perte d’habitat. Cette preuve génétique ouvre des perspectives concrètes pour des programmes de réintroduction (« rewilding »: sourcer des individus des sous-espèces les plus proches (africaine ou asiatique) pour restaurer la biodiversité et la résilience écologique du désert saoudien. Un rappel que la conservation des grands prédateurs, même loin des Grands Lacs, inspire les efforts régionaux pour protéger la faune africaine menacée.