Kigali réinvente ses zones humides face aux inondations.

Kigali, 24 février 2026, Dans une ville confrontée à des pluies intenses et à une urbanisation rapide, la capitale rwandaise transforme ses zones humides dégradées en véritables boucliers naturels contre les inondations. Le projet de restauration des zones humides urbaines de Kigali avance à grands pas et s’impose comme l’un des plus ambitieux d’Afrique. Sous l’égide de la Rwanda Environment Management Authority (REMA) et soutenu par le Second Rwanda Urban Development Project (RUDP II) financé par la Banque mondiale, le Fonds pour l’environnement mondial et le gouvernement rwandais, cinq principaux sites sont en cours de réhabilitation: Gikondo, Rugenge-Rwintare, Kibumba, Nyabugogo et Rwampara. Au total, près de 500 hectares (environ 1200 acres) sont concernés par cette opération lancée en 2024. Ces zones, autrefois envahies par des activités agricoles informelles, des industries polluantes et des constructions anarchiques, sont progressivement reconverties en écosystèmes fonctionnels. On y plante des espèces indigènes, on recrée des canaux naturels pour ralentir les écoulements, on construit des bassins de rétention et on intègre des sentiers piétons et pistes cyclables. L’objectif: absorber les eaux de ruissellement, filtrer les polluants, restaurer la biodiversité et réduire drastiquement les inondations dans les quartiers vulnérables.Selon les projections, plus de 220 000 habitants des zones inondables bénéficieront directement d’une meilleure résilience. D’ici mi-2026, ces sites reliés formeront une «ceinture verte» continue: un réseau de parcs, corridors écologiques et voies douces de plus de 50km, transformant d’anciennes zones à risque en espaces publics attractifs, éducatifs et touristiques. Ce projet s’inscrit dans le Kigali Master Plan 2050, qui vise à long terme la protection et la restauration d’environ 18000 acres (plus de 7000 hectares) de zones humides interconnectées à travers la ville. Après le succès emblématique du Nyandungu Eco-Park (lancé en 2016), Kigali confirme son leadership africain en solutions basées sur la nature.Juliet Kabera, Directrice Générale de la REMA, résume l’enjeu : «En restaurant ces zones humides, nous ne protégeons pas seulement contre les inondations: nous rendons la ville plus verte, plus saine et plus agréable pour les générations futures.» À Kigali, l’avenir se dessine désormais avec des racines dans la terre et les marais.

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