Par Kivu24: 4 mars 2026.
Dans le contexte de l’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui a débuté fin février 2026 avec des frappes américano-israéliennes, le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez a pris une position tranchée: non à la guerre et refus catégorique d’autoriser l’utilisation des bases militaires conjointes de Rota (Cádiz) et Morón (Séville) par les forces américaines pour des opérations offensives contre l’Iran. Selon les déclarations du ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares et de la ministre de la Défense Margarita Robles, ces bases, bien que partagées, restent sous souveraineté espagnole et ne peuvent servir à des actions non conformes au Traité de coopération pour la défense bilatéral ni à la Charte des Nations unies. Madrid argue que les frappes américaines manquent de base légale internationale, rappelant les erreurs de l’invasion de l’Irak en 2003.
Le tweet emblématique de Pedro Sánchez du 4 mars 2026, qui a recueilli des millions de vues, résume cette ligne rouge en quatre mots : « NO a la guerra ». Il y dénonce les violations du droit international, compare la situation actuelle aux errements passés et insiste sur la diplomatie plutôt que sur les bombes. Cette prise de position a valu à Sánchez des soutiens européens (notamment d’Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron et Charles Michel), tout en isolant quelque peu l’Espagne au sein de l’OTAN, où d’autres alliés comme le Royaume-Uni, la France ou l’Allemagne ont offert un appui plus direct.
La réaction de Donald Trump n’a pas tardé. Le 3 mars 2026, le président américain a qualifié l’Espagne de partenaire « terrible » et « ingrat », menaçant de couper tout commerce bilatéral avec Madrid. Il a même suggéré que les États-Unis pourraient utiliser les bases « si nécessaire », en « volant simplement dessus » sans autorisation préalable. Ces déclarations, prononcées lors d’une rencontre avec le chancelier allemand, ont provoqué une vive réplique de Sánchez et d’Albares, qui ont réaffirmé que la position espagnole restait inchangée. Malgré des annonces contradictoires de la Maison Blanche affirmant un revirement espagnol (démenties « catégoriquement » par Madrid), la tension persiste. Des avions américains ont été repositionnés hors d’Espagne vers d’autres sites (comme Istres en France), illustrant les limites pratiques de la menace trumpienne. Ce bras de fer met en lumière un clivage plus large: d’un côté, une Europe divisée entre atlantisme et multilatéralisme; de l’autre, un leadership américain qui privilégie la force unilatérale. Pour l’Espagne, ce refus n’est pas seulement moral, mais stratégique: éviter d’être entraînée dans un conflit aux conséquences économiques (hausse du pétrole via le détroit d’Ormuz) et sécuritaires imprévisibles. En résumé, le tweet de Sánchez n’est pas une simple déclaration: c’est un acte de souveraineté qui redéfinit la place de l’Espagne dans une alliance transatlantique sous tension.
Reste à voir si cette fermeté inspirera d’autres capitales européennes ou si elle isolera davantage Madrid face aux pressions transatlantiques.