Kinshasa, 31 mars 2026.
L’ancienne sénatrice Francine Muyumba, figure de l’opposition et ancienne membre du PPRD, a réaffirmé son rejet catégorique d’un quelconque changement ou révision de la Constitution congolaise en pleine crise sécuritaire à l’est du pays. Dans une interview accordée à France 24, Mme Muyumba a déclaré: « Ce n’est pas la Constitution qui empêche la bonne gouvernance. Personne ne doit aller au-delà de deux mandats constitutionnels. Le Congo n’a pas besoin d’une nouvelle Constitution. Il a besoin de la paix, de stabilité et de la cohésion nationale. Ce débat est une distraction. » Elle s’appuie notamment sur les articles 219 et 220 de la Constitution, qui interdisent toute révision en période de guerre, d’état d’urgence ou de siège, et protègent les dispositions fondamentales comme la limitation des mandats présidentiels à deux. Ce positionnement intervient alors que des alliés du président Félix Tshisekedi évoquent ouvertement une possible révision du texte fondamental de 2006, perçu par beaucoup comme une manœuvre visant à permettre un troisième mandat en 2028. L’ancienne sénatrice met en garde contre les risques d’une telle entreprise sans dialogue national inclusif et dans un contexte de conflit armé qui a déjà déplacé des millions de personnes, particulièrement dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.
« Aujourd’hui, il est impossible de faire l’opposition en RDC. Parler de révision de la Constitution au moment où le pays est en guerre, c’est dangereux », avait-elle déjà souligné dans d’autres interventions récentes sur TV5 Monde. Pour Francine Muyumba, la priorité absolue reste la restauration de la paix et de l’autorité de l’État à l’est, plutôt que des débats constitutionnels qui divisent davantage la classe politique. L’article 218 prévoit quant à lui deux voies pour une éventuelle révision (parlementaire ou référendaire), mais l’opposition et une partie de la société civile estiment que les conditions démocratiques et sécuritaires ne sont pas réunies pour ouvrir ce chantier sensible.
Kivu24.com suivra de près l’évolution de ce dossier qui pourrait marquer la vie politique congolaise dans les prochains mois.